Note sur la sécurité de la centrale hydraulique (12 mars 1953)
Une note argumentaire adressée au service des Mines pour justifier la sécurité de l'accumulateur de pression de la centrale hydraulique et négocier un allègement du contrôle réglementaire.

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Une note d'argumentaire pour le service des Mines
Datée du 12 mars 1953, cette note dactylographiée de trois pages s'adresse au service des Mines pour discuter de la réglementation applicable à une centrale hydraulique destinée à équiper des voitures « pour applications diverses » p. 1. L'auteur — vraisemblablement Paul Magès, qui entre au bureau d'études Citroën à la fin des années 1930 et travaille dès 1944 sur les plans de suspension hydropneumatique (Plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle) — insiste sur le refus de « risquer un mauvais fonctionnement » et sur la volonté de suivre les données du service des Mines pour le calcul des accumulateurs de pression p. 1.
Le calcul de l'accumulateur
L'exemple donné est celui d'un réservoir sphérique de 0,75 litre gonflé d'air à 100 kg/cm², puis porté à 160 kg/cm² par l'arrivée du liquide, avec une pression de rupture supérieure à 480 kg/cm² p. 1.
| Grandeur | Valeur | Page |
|---|---|---|
| Capacité du réservoir | 0,75 litre | p. 1 |
| Pression de gonflage initial | 100 kg/cm² | p. 1 |
| Produit PV initial | 75 | p. 1 |
| Pression de fonctionnement | 160 kg/cm² | p. 1 |
| Pression de rupture | > 480 kg/cm² | p. 1 |
| Seuil réglementaire évoqué | 0,5 l d'air à 160 kg/cm² | p. 1 |
L'auteur soutient qu'un réservoir plus grand, contenant le même volume d'air (0,5 l) à 160 kg mais complété de liquide incompressible, n'emmagasine « pas d'énergie supplémentaire » et resterait donc, selon lui, sous la limite réglementaire p. 2. Il demande à échapper au poinçonnage officiel et aux visites périodiques, tout en acceptant un « contrôle par prélèvement » p. 2.
Comparaison des risques et appareils de sécurité
La note compare le risque de l'accumulateur à l'éclatement d'un pneu, au réservoir d'essence, ou à l'usure des organes de direction et de freinage p. 2. Elle mentionne enfin deux dispositifs prévus : un conjoncteur-disjoncteur hydraulique coupant automatiquement la pompe à pression maximale, et un organe jouant le rôle d'une soupape de sûreté, conçu aussi pour éviter un travail inutile à la pompe p. 3.
Contexte
Ce document se situe au tout début du développement de la suspension hydropneumatique chez Citroën, dont les premiers plans datent de février 1944 (Plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle (17 février 1944)) et les premiers essais sur 2 CV de mai à juillet 1946 (Cahier des premiers essais de la 2 CV à suspension hydropneumatique (mai-juillet 1946)), technologie qui équipera la future DS présentée le 6 octobre 1955. Le « service des Mines » désignait alors l'administration chargée du contrôle des appareils à pression en France, un cadre réglementaire pensé pour l'industrie lourde et peu adapté aux petits composants automobiles innovants.
Regard d'archiviste
Ce texte éclaire, en amont de la mise sur le marché, la dimension réglementaire et argumentative du travail de Magès : il ne s'agit pas ici de technique pure mais de négociation avec l'administration pour faire accepter une innovation. Il semble que cette note ait été rédigée pour anticiper des objections avant l'industrialisation, dans le cadre plus large du développement de la centrale hydraulique de ces années, entre les premiers plans de 1944 et l'essai de la 15-Six H en avril 1954 (Essai routier de la 15 Six H (ELV 412) par Paul Magès, 3-5 avril 1954) qui précède la présentation de la DS p. 1-3. Le souci exprimé de « ne pas discréditer » Citroën p. 2 témoigne d'une conscience aiguë des enjeux d'image liés à cette technologie naissante.
Datation
12 mars 1953
Document
3 pages
Source : « WEB 58 — 1953. Sécurité centrale hydraulique. -.pdf », p. 1–3
Tags
Catégorie
Note d'archivage
Date « 12.3.53. » portée en tête p.1 ; pagination continue « - 2 - » et « - 3 - » aux p.2-3 ; référence de boîte WEB 58 p.2 ; texte suivi d'un même exposé.





