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Note de Paul Magès critiquant le brevet Bourcier de Carbon sur l'amortisseur à relaxation

Une critique technique et point par point, datée du 18 février 1946, dans laquelle Paul Magès démonte les arguments du brevet concurrent de Bourcier de Carbon sur l'amortisseur à relaxation.

Note de Paul Magès critiquant le brevet Bourcier de Carbon sur l'amortisseur à relaxation — page 1
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Cette note dactylographiée du 18 février 1946 est une critique technique, point par point, du brevet de Bourcier de Carbon concernant un « amortisseur à relaxation ». Paul Magès y commente, référence de page à l'appui, plusieurs affirmations du brevet concurrent.

Sur les hypothèses simplificatrices du brevet

Magès relève que l'auteur néglige l'élasticité du pneu et l'inertie de la roue, ce qui l'amène à ignorer les « battements de roue » tout en estimant que « cela ne change rien d'essentiel à l'analyse du phénomène » p. 2.

Sur la faisabilité pratique

Magès est très critique : si le but annoncé — une « liberté totale du mouvement des roues » — était réellement atteint, il affirme qu'« il sera impossible de rouler avec ce dispositif », les battements de roue devenant absolument libres p. 4.

Sur la rigidité du ressort S

Il conteste l'idée que le passage des creux et bosses garderait du « velouté » : le ressort S étant « 4 à 8 fois plus rigide » que le ressort normal p. 8, la rigidité résultante serait bien supérieure à celle d'une suspension ordinaire, dégradant le confort sur petites aspérités (« pavés ») p. 8-9.

Sur le comportement en charge

Magès reprend un point sur l'élongation de l'amortisseur à vide et en charge : il juge normal que l'énergie absorbée soit plus grande en charge, la période étant plus courte et la course plus longue, et dit ne pas comprendre l'affirmation contraire de Bourcier de Carbon p. 9.

Résumé de Magès

Il conclut que ce système « ne peut pas fonctionner sans "Batteurs" » et doute que le velouté annoncé soit atteint vu la rigidité résultante, tout en recommandant néanmoins : « A essayer tout de même ».

Une annotation manuscrite rouge porte la date « 18-II-46 ».

Contexte

Bourcier de Carbon fut, dans l'histoire de l'automobile française, un ingénieur concurrent explorant lui aussi des solutions de suspension avancées à la même époque que les recherches menées chez Citroën par Paul Magès. Cette note de février 1946 s'inscrit précisément dans la période où Magès, entré au bureau d'études après ses travaux sur le limiteur de freinage du TUB (1939-1940), a déjà dessiné les premiers plans de suspension hydropneumatique dès le 17 février 1944 et s'apprête à conduire, quelques mois plus tard, les premiers essais de la 2 CV à suspension hydropneumatique (mai-juillet 1946). Ces travaux parallèles s'inscrivent dans l'effervescence de l'immédiat après-guerre autour du confort et de la tenue de route, qui aboutira quelques années plus tard à la suspension hydropneumatique de la DS (présentée le 6 octobre 1955).

Le dépôt de brevets concurrents et leur analyse critique croisée étaient courants dans ce milieu technique restreint, où chaque ingénieur surveillait les solutions alternatives.

Regard d'archiviste

Ce document est précieux car il montre Magès non pas en train d'exposer sa propre invention, mais en position de veille technologique et critique, disséquant méthodiquement un brevet rival avec une rigueur presque scolaire — référence systématique aux lignes et pages du texte source p. 2-9.

Le ton est direct, parfois ironique (« un mathématicien de la valeur de M. B.de C. »), révélant un esprit d'ingénieur pragmatique, méfiant envers les modèles théoriques déconnectés du comportement réel du véhicule.

Il semble que cette note s'inscrive dans une phase de recherche comparative précédant les développements ultérieurs de Magès sur les systèmes hydrauliques, dont on retrouve des traces dans des documents postérieurs comme la Note technique : transmission hydraulique de grandes pressions sous faibles courses, datée de 1948.

Datation

18 février 1946

Document

1 page

Source : « Scanner 1 août 2025 à 17.40.pdf », p. 1

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

Page 1 : en-tête « (M.MAGES) », date portée « 18/II/46 », sujet unique ; rupture nette avec la page 2 datée 3/I/48.