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Réflexions de Paul Magès sur le rapport SAE 28 : suspension à air de la Cadillac Eldorado

Le 5 mars 1957, Paul Magès décortique un rapport SAE sur la suspension à air de la Cadillac Eldorado et démontre, calculs à l'appui, l'impossibilité d'égaler la qualité de la DS avec cette technologie.

Réflexions de Paul Magès sur le rapport SAE 28 : suspension à air de la Cadillac Eldorado — page 3
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Analyse critique du rapport SAE

Le 5 mars 1957, Paul Magès rédige ses « Réflexions sur le RAPPORT SAE 28 » consacré à la suspension à air de la Cadillac Eldorado, signé des ingénieurs V.D. Polhemus et L.J. Kehoe Jr. Il note que ces derniers sont partis de l'idée d'une « suspension sans compromis discutable » p. 3, en s'orientant vers une combinaison piston-diaphragme pour approcher une courbe charge-flexion « idéale » p. 3.

Magès pointe une contradiction : cette courbe idéale aurait surtout été choisie pour éviter un volume de chambre trop important, une réduction de 50% de la rigidité entraînant sinon une hausse de volume de 250% p. 3. Résultat, selon lui : la rigidité n'est réduite que de 10% par rapport à un ressort classique, pour des chambres de 7 litres à l'avant et 5 litres à l'arrière p. 3.

Comparaison des dispositifs

Il commente le correcteur de niveau p. 4, remarquant que le système GMC utilise les ressorts pneumatiques pour lutter contre le dévers en virage, alors que la DS confie ce rôle aux barres de « roulis » p. 4. Il en déduit un risque de survirage lié à la répartition du couple de renversement sur l'essieu arrière p. 4. Il relève aussi un joint p. 15 « ayant un petit air de famille avec les nôtres » p. 4, et s'étonne du choix d'un compresseur électrique alors qu'il ne peut fonctionner que moteur tournant p. 4.

Sur l'étanchéité, il note les contrôles au gaz Freon complétés par un « Super-contrôle à l'eau de savon » p. 5, et juge les fuites d'air plus difficiles à détecter que les fuites d'huile p. 5.

Calculs comparatifs

Un tableau chiffré p. 6 compare les sphères hydropneumatiques DS et un dimensionnement équivalent en solution Cadillac :

GrandeurAvantArrièrePage
Volume sphères DS actuelles750 cm³750 cm³p. 6
Pression de gonflage60 Kg/cm²30 Kg/cm²p. 6
Volume équivalent à 5 Kg/cm²9000 cm³4500 cm³p. 6
Diamètre de sphère correspondant~400 mm~280 mmp. 6
Diamètre de piston nécessaire165 mm165 mmp. 6

Il calcule aussi que le compresseur nécessaire devrait avoir une cylindrée 112 fois supérieure à celle de la pompe DS pour une rapidité équivalente p. 7, et compare les énergies dépensées (60 Kgm contre 168 Kgm) p. 7.

Conclusion de Magès

Il conclut p. 7 qu'« une suspension à air à basse pression n'est pas réalisable sur voiture particulière si l'on veut obtenir la qualité DS », l'estimant incompatible avec l'amortissement en fin de course et l'anti-roulis hydraulique. En page 8, il critique la méthode de calcul de période d'oscillation du rapport SAE, la jugeant trop simplifiée, notamment sur la distinction entre roulis, pompage et galop.

Contexte

Le rapport SAE (Society of Automotive Engineers) évoqué ici documente, comme le fait le savoir historique général, les recherches de General Motors/Cadillac sur une suspension pneumatique appliquée à l'Eldorado, une American de prestige des années 1950. Ces systèmes à air comprimé, alternatifs aux ressorts métalliques classiques, connaîtront un succès commercial limité et des problèmes de fiabilité chez plusieurs constructeurs américains de l'époque.

Chez Citroën, la DS, présentée en 1955, repose sur la suspension hydropneumatique mise au point par Paul Magès, combinant sphères à gaz et liquide sous haute pression — une architecture radicalement différente de l'approche pneumatique pure américaine.

Regard d'archiviste

Ce document illustre la méthode de travail de Magès : une veille technique internationale rigoureuse, doublée d'une démonstration chiffrée destinée à défendre les choix techniques de la DS face à des solutions concurrentes. Le ton est celui d'un ingénieur sûr de son système, parfois ironique envers les auteurs du rapport SAE (p. 3, p. 8).

Il semble que cette étude s'inscrive dans une réflexion plus large sur les classes de suspensions pneumatiques menée par Magès à la même période, comme en témoigne la Note manuscrite de Paul Magès à M. Cadron sur les classes de suspension pneumatique. Le document prolonge également une comparaison plus détaillée conservée sous le titre Suspension hydropneumatique Citroën vs pneumatique Cadillac : étude comparative manuscrite, suggérant un dossier de travail suivi sur plusieurs semaines autour de ce même sujet.

Datation

5 mars 1957

Document

6 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 13.57.pdf », p. 3–8

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

Page 3 : titre « A) SAE N°78 – 5 mars 1957, Réflexions sur le RAPPORT SAE 28 » ; pages 4-8 poursuivent le même développement paginé en sections (Dispositif de mise à niveau, Montage, B°) Calcul des ressorts, Inertie).