Brevet suisse n° 291970 (Daimler-Benz) — correcteur automatique de hauteur, 1953
Le fascicule complet du brevet suisse déposé par Daimler-Benz, décrivant cinq variantes hydrauliques, mécaniques ou électriques d'un correcteur automatique de hauteur de caisse — un document de veille concurrentielle conservé dans le fonds Magès.

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Ce fascicule est le brevet principal suisse n° 291970, déposé par Daimler-Benz Aktiengesellschaft (Stuttgart-Untertürkheim) le 22 mars 1951 et publié le 1er octobre 1953, sous le titre « Vorrichtung zum selbsttätigen Einhalten der Bodenhöhe an Fahrzeugen » (« dispositif pour le maintien automatique de la hauteur de caisse des véhicules ») p. 14. Le représentant du déposant est Fritz Isler, Zürich p. 20.
Problème posé et principe de l'invention
Le texte introductif explique que les véhicules destinés à de nombreux passagers, notamment les autobus, souffrent de variations de hauteur de plancher selon la charge, problème aggravé par une suspension souple et confortable p. 14. Une solution manuelle à commande hydraulique ou pneumatique existait déjà ; l'invention vise au contraire un correcteur automatique : des moyens réagissent à tout changement de distance entre la caisse et la route pour le compenser sans intervention du conducteur p. 14.
Cinq variantes décrites
Le brevet détaille cinq réalisations, toutes reposant sur le même principe (un tiroir de commande relié à l'essieu détecte l'écart et pilote un vérin ou un moteur) :
| Figure | Type de correction | Blocage/déblocage | Page |
|---|---|---|---|
| Fig. 1 | Vérin hydraulique sur butée de ressort (essieu rigide) | Hydraulique, actif seulement à l'arrêt (pompe 33 sur arbre de transmission) | p. 15-16 |
| Fig. 2 | Deux vérins hydrauliques sur ressort à lames | Anneau de friction 37 sur l'arbre moteur | p. 16-17 |
| Fig. 3 | Vérin commun via leviers d'équerre sur ressort à lames | Régulateur de vitesse (tachymètre) 59 | p. 17 |
| Fig. 4 | Vérin agissant sur l'axe de rotation d'un bras oscillant (roues indépendantes) | Idem principe hydraulique | p. 18 |
| Fig. 5 | Barre de torsion réglée par un moteur électrique via vis sans fin | Commutateur électrique 67, coupé par un interrupteur 78 en roulage | p. 18-19 |
Dans tous les cas, le dispositif n'agit qu'à l'arrêt ou à faible régime, afin d'éviter un pompage permanent de la caisse pendant la marche — un défaut jugé gênant par les auteurs p. 16.
Les revendications (Patentanspruch et 12 sous-revendications) couvrent aussi bien la correction hydraulique, mécanique, électrique que pneumatique, ainsi que les diverses méthodes de blocage/déblocage liées à la marche du véhicule p. 19-20.
Les pages 21-22 reproduisent les planches de schémas techniques (Fig. 1 à 5) sans texte descriptif supplémentaire.
Contexte
Ce brevet suisse est le pendant local d'une demande déposée par Daimler-Benz en Allemagne au début des années 1950 — une période où plusieurs constructeurs cherchent, indépendamment les uns des autres, des solutions à la correction automatique d'assiette, alors qu'aucun système hydropneumatique intégré comme celui que développera Citroën n'existe encore sur le marché. Chez Citroën, ces recherches sont précisément celles que mène Paul Magès, entré au bureau d'études en 1939-1940 et auteur, dès le 17 février 1944, de plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle (plans du 17 février 1944) ; les premiers essais sur 2 CV suivront en mai-juillet 1946 (cahier des premiers essais).
Ce type de document illustre l'effervescence technique qui entoure la suspension automobile dans l'immédiat après-guerre : constructeurs de poids lourds et de véhicules de tourisme, équipementiers et inventeurs indépendants déposent alors de nombreux brevets voisins, portant tantôt sur des correcteurs mécaniques, tantôt hydrauliques ou pneumatiques.
Rien dans le document ne mentionne Citroën, Paul Magès ni la future DS : il s'agit ici d'un brevet concurrent, conservé dans le fonds Magès à titre de veille technologique.
Regard d'archiviste
La présence de ce brevet Daimler-Benz dans les archives de Paul Magès suggère qu'il faisait partie de la documentation de veille industrielle que l'ingénieur ou son équipe consultaient pour situer leurs propres travaux sur la suspension hydropneumatique par rapport à l'état de l'art international.
Les annotations manuscrites visibles (chiffres encerclés, petits ronds en marge, mention « 7c Pb 159 ») témoignent probablement d'un système de classement ou de repérage interne, sans doute pour comparer les solutions de correction d'assiette proposées par Daimler-Benz avec celles étudiées chez Citroën p. 14, 16-20.
Ce document s'inscrit dans une série plus large de brevets de suspension conservés dans le même dossier, comme le brevet allemand Fox & Rice pour General Motors sur la suspension pneumatique à soufflets ou le brevet Deveson sur la suspension à arbres tournants, ce qui confirme l'hypothèse d'une constitution méthodique d'un fonds comparatif sur les correcteurs de hauteur, probablement utile à Magès pour affiner l'originalité de son propre système.
Dans le même dossier

Brevet allemand n° 867 057 (Deveson) — suspension à arbres tournants pour camions

Brevet allemand n° 929 465 (Fox & Rice, GM) — suspension pneumatique à soufflets

Brevet allemand n° 612843 (1935) — suspension hydraulique réglable de Hermine Lobinger
Datation
1 octobre 1953
1er octobre 1953 (date de publication du brevet, p.14) ; dépôt le 22 mars 1951, enregistrement le 15 juillet 1953
Document
9 pages
Source : « Scanner 1 août 2025 à 16.22.pdf », p. 14–22
Catégorie
Note d'archivage
P.14 en-tête suisse « Nr. 291970 », publication 1er octobre 1953, brevet enregistré 15 juillet 1953 ; suite du texte p.15-20 ; planches p.21 « Patent Nr. 291970 1 Blatt » et p.22 « Daimler-Benz Aktiengesellschaft » ; nouveau brevet allemand en p.23.





