Essai de suspension hydraulique sur PV — Christ de Saclay, 19 octobre 1948
Compte rendu d'essai routier de la suspension hydraulique sur PV, le 19 octobre 1948, entre le Christ de Saclay et Bièvre : réglages précis, impressions croisées de Magès, Boulanger, Cadiou et Lefebvre, et décision urgente d'affecter deux voitures d'endurance au Laboratoire.

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Réglages techniques de l'essai
Le document ouvre sur une fiche de réglages pour un essai sur PV équipée de suspension hydraulique : pneus neufs gonflés à 1,2 (AV) et 1,4 (AR), flexibilité de 180 % à l'avant et 250 % à l'arrière, volumes de 500 cc (AV, gonflage 70 kg) et 1500 cc (AR, gonflage 50 kg), barres anti-roulis de Ø 24 mm (AV) et Ø 20 mm (AR), et « 4 batteurs » p. 67.
Circuit et équipes
Le trajet part du Quai de Javel, passe par Bièvre et le Christ de Saclay jusqu'au Château fort, avec retour au Christ de Saclay p. 67. Un premier équipage réunit M. Boulanger au volant, Magès en passager avant et Lefebvre à l'arrière ; un second équipage voit Magès conduire, avec Cadiou en passager avant et Boulanger à l'arrière, sur le tronçon Christ de Saclay – Château fort, retour « par la Belle Image » p. 67.
Impressions croisées
Boulanger note, au démarrage, « un coup de salut et un petit peu de roulis », non retrouvé ensuite ; sur route moyenne à basse allure (30/40 km/h) il juge la suspension « mauvaise », comme sur le « véhicule A » ; en virage, « aucune inquiétude » malgré le fait qu'« on se penche » ; conclusion : « Suspension très bonne » p. 67.
Un arrêt a lieu au milieu de la ligne droite Christ de Saclay – Bièvre p. 68. Les impressions notent une balance à l'arrière, un roulis « plus sensible » sur route bombée, un bon centrage dans le siège (comparé au « véhicule A »), aucune inquiétude en virage, et l'absence de pompage ou de mal de cœur p. 68.
Au retour, Boulanger, passager avant, juge l'expérience « moins bien », avec davantage de vibrations et un centrage moins satisfaisant qu'à l'arrière p. 68.
Décision
Le document se conclut par une décision « à exécuter d'urgence » : donner deux voitures d'endurance au Laboratoire, équipées au maximum des appareils dans leur état de mise au point, datée du 19/10/48 p. 68.
Contexte
Cet essai s'inscrit dans les travaux de mise au point de la suspension hydropneumatique menés par Paul Magès chez Citroën, qu'il a rejoint en août 1925 et où il devient sous-responsable du Super-Contrôle (notes autobiographiques). Cet essai routier de 1948 s'intercale entre l'établissement des premiers plans de suspension hydropneumatique le 17 février 1944 (plans de suspension hydropneumatique) et les premiers essais sur 2 CV de mai-juillet 1946 (cahier des premiers essais), dans le long cheminement qui mènera à la présentation de la DS le 6 octobre 1955.
La « PV » désigne vraisemblablement un véhicule d'essai, probablement basé sur la Traction Avant, servant de banc roulant.
Le « véhicule A », mentionné à plusieurs reprises comme point de comparaison, renvoie probablement à un autre prototype d'essai de la même campagne, non identifié dans ce document.
Regard d'archiviste
Ce compte rendu offre un témoignage rare et vivant du travail d'essai en conditions réelles : Paul Magès y apparaît non seulement comme concepteur mais aussi comme conducteur et passager, confrontant ses propres impressions à celles de ses collègues Boulanger, Cadiou et Lefebvre p. 67-68.
La précision des réglages (pressions, volumes, flexibilités, diamètres de barres) témoigne d'une méthode d'essai rigoureuse, probablement typique de la démarche expérimentale de Magès à cette période.
La décision finale, soulignée avec insistance dans le document original, marque une étape probablement significative : le passage à des essais d'endurance sur deux voitures dédiées, signe d'une confiance croissante dans le système malgré les réserves relevées (roulis, comportement à basse vitesse).
Ce document trouve sa place naturelle dans la chemise « 41.59 » consacrée à la suspension hydropneumatique ; on peut le rapprocher de la chemise « Étude théorique – suspension hydropneumatique 1943/44 », qui documente les fondements théoriques dont cet essai routier constitue probablement une application concrète.
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Datation
19 octobre 1948
Document
2 pages
Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 67–68
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Catégorie
Note d'archivage
p.67 « ESSAI DU 19 OCTOBRE 1948 », p.68 suite datée 19/10/48.

