Essai n° 218.777 : endurance de la suspension caoutchouc sur la voiture ELV 230 (14 déc. 1948)
Compte rendu du Laboratoire André Citroën (14 décembre 1948) sur l'endurance d'une suspension caoutchouc testée sur la voiture ELV 230, avec le détail de trois pièces « Bibax » détériorées après environ 120 000 km.

Comprendre ce document
Dans ce document
Il s'agit d'un compte rendu d'essai du Laboratoire André Citroën (53, rue Balard, Paris), daté du 14 décembre 1948 et enregistré (tampon d'entrée) le 16 décembre 1948, adressé au service Études à l'attention de M. Magès.
Le document porte la référence Essai n° 218.777, répondant à une « demande Études n° 42.531 B », et concerne la « Suspension caoutchouc sur PV » p. 62.
Résultats d'endurance
La suspension caoutchouc montée sur la voiture d'essai ELV 230 a alors « environ 120.000 km » d'endurance au Laboratoire p. 62. Trois détériorations de pièces appelées « Bibax » sont signalées :
| Position | Kilométrage à la détérioration | Nature du dommage | Page |
|---|---|---|---|
| Bibax AV G | 101 691 km | complètement cisaillé | p. 62 |
| Bibax AR G | 111 869 km | décollé en partie sur un flasque | p. 62 |
| Bibax AR D | 117 300 km | en partie décollé, en partie cisaillé | p. 62 |
Une note finale (« NOTA ») précise que des pièces seront envoyées à M. Magès pour examen p. 62. Le document comporte trois signatures manuscrites en bas de page, dont la lisibilité est incertaine et n'a donc pas été retenue.
Contexte
À la fin des années 1940, les laboratoires Citroën poursuivent, en parallèle du développement de la future suspension hydropneumatique, l'étude de solutions intermédiaires à base de caoutchouc, utilisées notamment sur des véhicules d'essai. Le sigle « PV » renvoie généralement, dans le vocabulaire Citroën de l'époque, à un véhicule d'essai (prototype), tandis que « ELV » désignait une série de voitures dédiées aux campagnes d'essais internes. Ces informations relèvent de la connaissance générale de l'histoire Citroën et ne sont pas énoncées telles quelles dans le document.
À cette date, Paul Magès, entré chez Citroën en août 1925, travaille au bureau d'études sur la suspension hydropneumatique — dont les premiers plans datent du 17 février 1944 (Plans de suspension hydropneumatique) et dont les premiers essais sur la 2 CV ont eu lieu en mai-juillet 1946 (Cahier des premiers essais de la 2 CV) — ce qui explique qu'il soit destinataire de ce compte rendu sur une solution concurrente à base de caoutchouc.
Regard d'archiviste
Ce compte rendu illustre le travail minutieux de suivi d'endurance mené au Laboratoire André Citroën, avec un relevé précis, au kilomètre près, des défaillances de composants p. 62. Il témoigne de la phase de mise au point des suspensions élastiques avant l'aboutissement de la solution hydropneumatique portée par Paul Magès.
Le fait que les pièces défaillantes soient explicitement destinées à être envoyées à M. Magès pour examen p. 62 confirme le rôle central qu'il occupait dès cette période dans l'analyse technique des défaillances de suspension, en lien avec ses recherches sur la suspension hydropneumatique, documentées dans d'autres pièces du même dossier comme la Chemise « Étude théorique – suspension hydropneumatique 1943/44 » ou le Sommaire de la chemise 41-59.
Ce document, bref mais précis, constitue une trace concrète et datée des essais comparatifs entre différentes technologies de suspension menés chez Citroën à cette époque charnière.
Dans le même dossier
Datation
14 décembre 1948
Document
1 page
Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 62
Catégorie
Note d'archivage
p.62 essai n° 218.777 daté 14/12/48, tampon d'entrée 16 DEC. 1948.



