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L'Auto-Journal n° 55 (1er juin 1952) : premier scoop sur la future 10 CV Citroën

Trois ans avant la présentation de la DS, L'Auto-Journal révèle en exclusivité les plans du prototype Citroën 10 CV — moteur 6 cylindres à eau finalement abandonné, mais déjà la suspension oléopneumatique de Paul Magès.

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Présentation et légendes d’origine

Le 1 juin 1952, l'Auto Journal a 3 ans. Dans son numéro 55 du 1 juin 1952, il titre  : NOUVELLE CITROEN 10 CV. Les dessins présentés, sont quand même assez loin du véhicule qui sortira quelques années plus tard. ___________________________________________________________________________ Le 15 septembre 1955, un mois avant sa présentation au salon de l'automobile de Paris, dans son numéro 134, l'Auto Journal qui a maintenant 6 ans, titre : VOICI LA BOMBE CITROËN. Les journalistes de l'Auto Journal, malgrè le secret qui entoure le bureau d'études Citroën, sont bien renseignés, les dessins sont très près de la réalité. Il s'en suivra un procès entre Citroën et l'Auto Journal.

Comprendre ce document

Dans ce document

La une : un scoop mondial

L'Auto-Journal annonce en « exclusivité mondiale et sous copyright » le prototype Citroën 10 CV, présenté comme un « traction avant... 6 cylindres à plat à refroidissement par eau » p. 1. Le journal rappelle avoir déjà photographié un prototype camouflé « près de Draguignan », équipé cette fois d'un moteur à air, et évoque des « difficultés considérables touchant l'insonorisation et le refroidissement » ayant conduit, semble-t-il, au choix du refroidissement par eau — une « récente et très éprouvante ascension du Mont-Ventoux » ayant pesé dans la décision p. 1.

Le texte précise que cette 10 CV, 6 places, vise le même public que « la Vedette et la Frégate », et mentionne que M. Boulanger privilégiait la mise au point de la 2 CV plutôt que celle de cette 10 CV, réservant son attention à la nouvelle « suspension oléo-pneumatique montée depuis quelque temps déjà sur les 11 expérimentales » p. 1. La silhouette est décrite : « ligne très basse, empattement important, pare-brise fortement cintré » p. 1. Les schémas de la une sont signés « R. BELLU » (ou A. BELLU, incertain).

Page 2 : moteur, suspension, caisson

Trois photographies légendées « Malle fermée », « Malle ouverte » et « Train avant » illustrent l'arrière (comparé à celui de l'Aurelia) et le train avant, où l'on distingue « le circuit hydraulique de suspension » et son réservoir d'huile p. 2.

Le moteur est détaillé par un schéma à 23 repères numérotés : il s'agit d'un 6 cylindres à plat en alliage léger, refroidi par eau, supercarré, alésage 74 mm, course 70 mm, soit une cylindrée de 1800 cm³. Sa puissance, « initialement de 60 CV réels », a été « portée, sur certains modèles, à 70 CV (à 4.500 tours) » p. 2. L'alimentation se fait par « un carburateur à double corps », une version à injection étant « également à l'étude ». Le texte attribue ce moteur à « l'ingénieur Becchia » p. 2.

Le circuit de suspension est décrit via un schéma en plan : « des cloches contenant l'air comprimé séparé, par une membrane, du liquide circulant dans l'ensemble du réseau », avec une « pompe à haute pression » p. 2. Un caisson à l'arrière, de « conception et d'un dessin assez nouveaux », sert d'armature à la voiture p. 2.

Contexte

Cette 10 CV annoncée en 1952 est, on le sait aujourd'hui, le prototype qui deviendra la DS 19, présentée officiellement le 6 octobre 1955. Le moteur 6 cylindres à eau évoqué ici ne sera finalement jamais produit : la DS sera lancée avec le 4 cylindres existant de la Traction, faute de budget pour développer ce nouveau bloc.

La suspension oléopneumatique, en revanche, est bien celle mise au point par Paul Magès : le bureau d'études en dessine les plans dès le 17 février 1944 (plans du 17 février 1944), les premiers essais sur 2 CV ont lieu de mai à juillet 1946 (cahier des premiers essais), et le dispositif est encore éprouvé sur la 15-Six H début avril 1954 (essai des 3-5 avril 1954) — la suspension évoquée ici comme « montée depuis quelque temps déjà sur les 11 expérimentales » s'inscrit exactement dans cette chronologie de mise au point. Pierre Boulanger, patron de Citroën jusqu'à sa mort en 1950, avait effectivement donné priorité à la 2 CV.

Regard d'archiviste

Ce document est précieux : il montre qu'en juin 1952, soit plus de trois ans avant la sortie de la DS, la presse spécialisée avait déjà connaissance de la suspension hydropneumatique de Magès et cherchait à en décrire le fonctionnement, avec une précision technique remarquable pour l'époque p. 1-2.

Il illustre aussi le flou entourant encore, à ce stade, l'architecture définitive du véhicule : le 6 cylindres décrit ici sera abandonné, contrairement à la suspension qui deviendra la signature de la marque. La comparaison avec L'Auto-Journal n° 134 : « Voici la bombe Citroën », publié en septembre 1955 juste avant la présentation officielle, permet de suivre l'évolution des informations glanées par le journal sur trois ans, et la confirmation progressive du dispositif imaginé par Magès.

Datation

1er juin 1952

Document

2 pages

Source : « WEB 140 — 1952-1955 L'Auto Journal lève le voile sur un secret jusque là bien gardé, la Nouvelle CITROËN. -.pdf », p. 1–2

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Catégorie

Presse

Note d'archivage

Pages 1-2 portent la même date « 1er JUIN 1952 » et la même référence (3e année n° 55 / « AUTO-JOURNAL — 2 ») : une et page intérieure d'un même numéro.