Note technique Citroën : adoption du liquide de frein VF10 (1er décembre 1955)
Une note technique signée Magès demande, le 1er décembre 1955, de généraliser le liquide de frein VF10 fabriqué par Citroën sur tous les véhicules sauf la DS, pour un gain de 38,6 % par litre.

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Dans ce document
Cette fiche « Méth. Tech. » (méthodes techniques) est adressée par Magès à M. Malleret, avec copie à MM. Cadiou, Clerc, Ingueneau et Pompon p. 129. Elle porte la date manuscrite « 1-12-55 » et concerne le véhicule « TT » p. 129.
La demande
Faisant suite à « la note N° 20 de M. Clerc » et à un « Essai N° 222905 du Labo Central », la note demande que le liquide de commande de freins de tous les véhicules, sauf la DS, soit désormais du liquide VF10 de fabrication Citroën, et que les achats de liquide « tout préparé » à l'extérieur soient arrêtés p. 129.
Le calcul économique
Le document détaille le prix client (base 1955) du litre de VF10 fabriqué par Citroën :
| Mat.intérieure | M.O | Frais | Total |
|---|---|---|---|
| 206 Fr | 1 Fr | 7 Fr | 214 Fr |
Face à un prix de 348 Fr pour le liquide acheté à l'extérieur, le gain annoncé est de 134 Fr par litre, soit 38,6 % p. 129. Un second tableau, intitulé « Gains prévus par litre » (le mot « voiture » ayant été barré et corrigé en « litre »), ne renseigne que la case « Total » à 134 Fr, les autres colonnes (mise matière, poids finis, temps, outils coupants…) restant à tirets p. 129.
Le bas du formulaire indique le dossier « 43-4 (14) », le responsable « Daumain » et une référence « Pr. A N° 669-TT » du 1-12-55 p. 129.
Contexte
Le liquide de frein VF10, connu dans l'histoire de Citroën, a la particularité d'être incompatible avec le circuit hydraulique haute pression LHS puis LHM de la DS, ce qui explique de façon générale, pour tout lecteur familier de la marque, l'exclusion systématique de ce modèle dans ce type de note — une exclusion que le document confirme lui-même dans son propre texte, sans qu'il soit besoin d'y ajouter d'explication technique supplémentaire.
Les années 1950 sont, chez Citroën comme ailleurs dans l'industrie automobile française, une période de rationalisation des coûts de production, l'internalisation de la fabrication de pièces jusque-là achetées à l'extérieur étant une pratique courante pour réduire les prix de revient. Cette note s'inscrit dans le calendrier de Magès rappelé par ses notes autobiographiques : entré chez Citroën en août 1925, il y est alors, en 1955, sous-responsable au Super-Contrôle après être passé par le bureau d'études (brouillon de lettre à M. Sarre) — un an après l'essai de la 15-Six H et quelques mois avant la présentation de la DS le 6 octobre 1955.
Regard d'archiviste
Ce document illustre un aspect moins connu du travail de Magès : au-delà de l'invention de la suspension hydropneumatique, il intervient aussi, en tant que responsable technique, sur des questions de rationalisation industrielle très concrètes, ici le choix d'un fluide de frein p. 129.
La précision de la date — « 1-12-55 » — permet de situer cette note dans le calendrier de production de l'année 1955, moins de deux mois après la présentation de la DS le 6 octobre 1955, ce qui explique l'attention particulière portée à l'exception de ce modèle.
Cette pièce appartient au même dossier que la Chemise « Étude théorique – suspension hydropneumatique 1943/44 » et le Sommaire de la chemise 41-59, qui rassemblent les évolutions techniques liées à la DS ; elle témoigne de la diversité des sujets traités dans les archives de Magès, entre invention de rupture et gestion industrielle du quotidien.
Dans le même dossier

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Datation
1er décembre 1955
Document
1 page
Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 129
Catégorie
Note d'archivage
p.129 fiche datée 1-12-55, dossier n° 43-4 (14).
