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Incident sur la voiture d'essai ELV.238 à suspension hydraulique (23 novembre 1951)

Un rapport d'essai des Laboratoires André Citroën alerte Paul Magès sur l'usure prématurée d'un cylindre de suspension hydraulique après 43 000 km d'endurance sur la voiture ELV.238.

Incident sur la voiture d'essai ELV.238 à suspension hydraulique (23 novembre 1951) — page 80
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Il s'agit d'un compte rendu daté du 23 novembre 1951, émis par les Laboratoires André Citroën (53, rue Balard, Paris), référencé « Essai N°. 220.501 », rubrique « PVS - ELV.238 - Suspension hydraulique (Résultats d'endurance) » p. 80. Le document est adressé à Paul Magès, dont le nom est noté manuscritement sous « ETUDES - » p. 80.

L'incident constaté

Après environ 43 000 km d'essais d'endurance, la voiture ELV.238, équipée d'une suspension hydraulique à l'arrière, présente de « forts grincements à l'AR.D. », paraissant provenir du cylindre de suspension p. 80.

Au démontage, le point d'appui inférieur du cylindre — normalement plan sur pièce neuve — est trouvé creusé par la sphère sur laquelle il repose, avec une empreinte de 9/10 mm de profondeur, accompagnée de criques sur les bords du trou et de piqûres au fond. Le point d'appui supérieur, qui oscille peu, ne porte lui qu'une simple empreinte de la sphère p. 80.

Le laboratoire précise qu'il n'y avait ni graviers ni défaut de graissage dans les logements des appuis, et conclut que l'usure survient « lorsque le mouvement relatif est trop important, que les métaux en contact ne sont pas suffisamment durs, ou que les pressions unitaires sont trop grandes » p. 80. Une note indique que la pièce a été transmise au Service Métallurgique pour examen p. 80.

La jupe de protection

Le rapport signale également une forte usure de la jupe inférieure de protection du cylindre, « épaisseur réduite presque à zéro » par endroits, avec de profondes rayures verticales attribuées à des graviers coincés entre les deux jupes p. 80. Deux pistes correctives sont proposées : améliorer le centrage des jupes ou augmenter leur jeu ; la protection complète par un accordéon de caoutchouc est suggérée comme solution « bonne sinon indispensable » p. 80.

Une annotation manuscrite au crayon précise « Cylindres types longs » p. 80.

Contexte

Cette pièce s'inscrit dans les campagnes d'essais d'endurance menées par Citroën au tournant des années 1950 pour valider la fiabilité de la suspension hydropneumatique avant son industrialisation, laquelle aboutira le 6 octobre 1955 sur la DS. Elle se situe chronologiquement entre les premiers plans de suspension hydropneumatique du 17 février 1944 (Plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle) et les premiers essais de la 2 CV de mai-juillet 1946 (Cahier des premiers essais de la 2 CV à suspension hydropneumatique), avant l'essai de la 15-Six H des 3-5 avril 1954. Le sigle ELV renvoie vraisemblablement à un véhicule d'essai du laboratoire ; ce type de numérotation et l'ampleur des kilométrages parcourus (plusieurs dizaines de milliers de km) sont caractéristiques des protocoles d'endurance de l'époque chez le constructeur, où Paul Magès — entré chez Citroën en août 1925 et alors rédacteur technique puis sous-responsable du Super-Contrôle (Brouillon de lettre de Paul Magès à M. Sarre) — occupe un rôle central au bureau d'études.

Regard d'archiviste

Ce rapport illustre concrètement le travail itératif de mise au point mécanique auquel Paul Magès et ses équipes se livraient bien avant la sortie commerciale du système : un simple défaut de dureté ou de contact sphère-plan, révélé par un essai kilométrique, entraîne ici une réflexion d'ingénierie sur les matériaux et l'étanchéité p. 80.

Il semble que ce document appartienne à un dossier plus large de mise au point technique, dont témoignent d'autres pièces du même fonds consacrées aux plans et notices des années 1943-1946, notamment le Plan de cylindre de suspension hydropneumatique — course 100, S = 8 cm² et le Sommaire de la chemise 41-59, qui évoquent précisément les évolutions de la suspension hydropneumatique et du caoutchouc utilisé dans ses protections.

Datation

23 novembre 1951

Document

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Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 80

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

p.80 essai n° 220.501 daté 23 11 51, tampon 27 NOV. 1951.